Serge Joncour, "l'homme qui ne savait pas dire non" à l'inquiétude

Serge Joncour, "l'homme qui ne savait pas dire non" à l'inquiétude

Découvrez, Serge Joncour, auteur, romancier et écrivain...

Qui êtes-vous Serge Joncour?

Auteur, romancier, écrivain on peut dire aussi.

Quelle est la différence?

J'ai été écrivain avant d'être romancier. J'ai écrit longtemps sans la prétention ou la perspective d'être publié. C'est vrai que le terme socialement valide comme une profession. On peut être écrivain de soi-même, pour soi-même je dirais. Romancier, c'est une activité, j'écris des romans, un peu comme Simenon par exemple. Je ne sais pas comment il se décrivait d'ailleurs, Simenon, sans doute se pensait-il plus comme romancier qu'écrivain. Au delà d'écrire être romancier c'est avoir le désir, l'envie de faire une histoire, d'en faire toute une histoire finalement. De créer un monde, des personnages. L'avantage, c'est de passer du temps soi-même avec ses personnages. Quand on crée des personnages, en premier lieu, on les fréquente. Donc autant les choisir à sa main. Il y a un moment l'histoire existe, est bouclée. Evidemment, ça devient un livre, mais ça devient aussi un souvenir personnel dans la mesure ou chaque roman qu'on écrit est lié à un moment de sa vie aussi. Il y a une dimension très intérieure et intimiste de l'activité de romancier. Bon, enfin, voilà en gros j'écris quoi! J'écris aussi des scénaris, une autre forme d'histoire, si ce n'est qu'avec le scénario, l'histoire m'échappe, le relai étant pris par quelqu'un d'autre pour en faire un film. Je ne suis qu'un intermédiaire. Avec le livre, je suis le seul responsable.

Est-ce qu'il y a des techniques d'écriture différentes?

Non. Ecrire un roman, c'est apprendre à en écrire justement. Chaque fois que je recommence, je ne sais jamais comment faire! Par exemple... quand on commence un roman est-ce qu'il faut donner très vite des détails? Imaginons qu'un roman commence par un personnage qui prend un train. Déjà on voit quelque chose. Si on précise qu'il prend un train pour aller vers le Périgord par exemple, on a en 3 mots une somme d'informations qui fait que l'on va être déjà dans la projection ou pas. Moi je n'aime pas le Périgord, alors, d'emblée il y a un à priori qui va faire que je ne serai pas à l'aise avec les prémices de cette histoire. A partir de là est-ce qu'il faut dire simplement « il prend un train »? Moi j'adore prendre le train, alors je vais être en empathie avec ce personnage. Comment commencer une histoire? C'est désolant, mais c'est rassurant en même temps. Il y a des auteurs qui ont compris ça, comment commencer un roman. Mais ils sont dans le procédé, dans la répétition. Ce n'est pas mon cas, c'est pour ça que j'écris des romans sur différents registres, psychologiques, drôles, plus sentimentaux. Je n'ai pas une méthodologie, à chaque fois je réinvente, ou je réapprends à en faire un, roman.

Est-ce lié à votre parcours atypique, d'autodidacte?

Il ne suffit pas de faire des études de lettres pour écrire un livre. Il y a une école de cinéma, un conservatoire de musique, l'école du Louvres, il n'y a pas l'école du roman, l'institut du livre. J'ai fait 6 mois de philo à la Sorbonne et j'ai arrêté les études. Le fait d'avoir accumulé plein de petits boulots avant de devenir écrivain, m'a donné de la souplesse, au niveau de la psychologie des personnages, de l'empathie. Je pense avoir rencontré beaucoup de personnages dans la vie. Des personnes devenant des personnages. A la base, j'étais assez peu étanche à mon environnement, puis je me suis imprégné, sensibilisé à différentes cultures, différents point de vue, différentes manières d'appréhender sa place dans le monde. J'ai connu une certaine marginalité. J'ai fréquenté des pôles antagonistes de la société. En même temps, ça ne garantit rien de mon imaginaire. Ce n'est pas un exercice obligé d'avoir eu plusieurs vies pour en créer d'autres.

Vous parliez d'empathie avec vos personnages. Etes-vous capable de ne pas être en empathie avec eux?

Il faudrait! Oui, il faudrait que j'arrive à moins aimer mes personnages. Je me pose cette question en ce moment justement... il faudrait que je sois capable d'écrire sur un homme odieux ou une femme odieuse. Je suis trop gentil avec mes personnages.

 

Auteur : Elodie TROUVE


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2 commentaires
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ina
Tous ces articles diversifiés, je trouve ça très bien: du futile, du sérieux, de la mode, il y en a pour tous les goûts. Et c'est pour quand la section "sexa mais sexy"?
ina  | le 07/10/2009 à 15:23
 
JS
Très bon interview. Et un grand auteur que je conseille pour une belle découverte littéraire.
JS
JS  | le 26/07/2010 à 16:57
 
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